Que contient le solde de tout compte ?
C'est l'inventaire des sommes que l'employeur vous verse quand le contrat s'arrête (article L1234-20 du Code du travail). Il doit vous être remis quel que soit le contrat, CDI ou CDD, et quel que soit le motif. Service-public le dit en une phrase : ce n'est pas un calcul, c'est une liste. Chaque ligne de la liste, elle, se calcule, et c'est ce que fait le simulateur.
On y trouve au minimum le salaire du mois en cours et l'indemnité compensatrice de congés payés, puis, selon la façon dont le contrat se termine, l'indemnité compensatrice de préavis, l'indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle, la prime de précarité d'un CDD. Les sommes encore inconnues au départ, comme l'intéressement ou la contrepartie d'une clause de non-concurrence, n'ont pas à y figurer.
Vous n'êtes pas obligé de signer le reçu, et l'employeur ne peut pas retenir les sommes pour ce motif. Signé, il peut être dénoncé par lettre recommandée dans les 6 mois ; passé ce délai, il devient libératoire pour les sommes qu'il mentionne. Non signé, ou dénoncé à temps, il reste contestable pendant 1 an pour ce qui touche à la rupture (l'indemnité de licenciement, par exemple), 2 ans pour l'exécution du contrat, 3 ans pour les salaires.
Ce que vous touchez selon le motif
| Ligne | Licenciement | Faute grave ou lourde | Démission | Rupture conventionnelle | Fin de CDD | Rupture de l'essai |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Salaire du dernier mois | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Congés payés non pris | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Indemnité de préavis | Si l'employeur vous dispense | Non | Si l'employeur vous dispense | Non, pas de préavis | — | Non |
| Indemnité de rupture | Légale dès 8 mois d'ancienneté | Non, sauf convention | Non | Au moins la légale, sans ancienneté minimale | — | Non |
| Prime de précarité | — | — | — | — | 10 %, sauf exceptions | Non (CDD rompu pendant l'essai) |
| Délai de prévenance non respecté | — | — | — | — | — | Salaire de la période manquante, sauf faute grave |
Le dernier mois est payé pour les jours travaillés. Le simulateur le proratise en jours ouvrés : brut × jours travaillés ÷ jours ouvrés du mois. Aucune des fiches officielles consultées n'impose cette méthode ; si votre paie compte en heures, l'écart reste de quelques euros.
Congés payés non pris : le dixième ou le maintien, le plus favorable
L'indemnité compensatrice de congés payés paie les jours acquis et non pris à la date de départ. Elle est due quel que soit le motif, licenciement pour faute lourde compris. Chaque mois de travail effectif ouvre 2,5 jours ouvrables, soit 30 jours ouvrables (ou 25 jours ouvrés) pour une année complète.
Pour un CDI, l'employeur compare deux calculs et verse le plus élevé :
- le dixième : 1/10 de la rémunération brute totale de la période de référence, rapporté aux jours restants ;
- le maintien de salaire : ce que vous auriez gagné en travaillant pendant ces jours.
À 2 800 € brut par mois toute l'année, 12 jours ouvrables restants valent 1 344,00 € au dixième (2 800 × 12 ÷ 10 × 12 ÷ 30) et 1 292,31 € en maintien (2 800 ÷ 26 jours ouvrables × 12). Le dixième l'emporte : 1 344,00 €. Si votre salaire a augmenté en cours de période, le maintien peut repasser devant : saisissez votre brut moyen dans le simulateur.
Entrent dans la base : salaire de base, heures supplémentaires et majorations, primes d'ancienneté et d'assiduité mensuelles, commissions, avantages en nature, indemnité de congés de l'année précédente, salaire reconstitué pendant un congé maternité ou un accident du travail. N'y entrent pas : prime de fin d'année, intéressement, participation, prime de bilan, frais professionnels. Pendant un arrêt maladie ordinaire, la rémunération retenue est de 80 % de celle que vous auriez perçue.
Pour un CDD, service-public ne retient que le dixième, calculé sur tout le brut du contrat, prime de précarité comprise. Son exemple : 18 300 € de salaire et 1 830 € de prime donnent (18 300 + 1 830) ÷ 10 = 2 013 € de congés payés. Cette indemnité est soumise aux cotisations et à l'impôt, comme un salaire.
Préavis non effectué : quand l'employeur le paie
L'indemnité compensatrice de préavis est due quand l'employeur vous dispense du préavis. Elle ne l'est pas quand c'est vous qui avez demandé la dispense et qu'il l'a acceptée, ni en cas de faute grave ou lourde, de rupture conventionnelle, de rupture de la période d'essai ou de licenciement pour inaptitude d'origine non professionnelle. Son montant est le brut que vous auriez perçu jusqu'à la fin du préavis : partie fixe et variable, heures supplémentaires régulières, jours de RTT que vous auriez acquis.
En cas de licenciement, la loi fixe sa durée selon l'ancienneté à l'envoi de la lettre : 1 mois de 6 mois à moins de 2 ans, 2 mois à partir de 2 ans, et sous 6 mois ce que prévoient la convention ou les usages. Une convention, le contrat ou les usages peuvent faire mieux. Pour une démission, la loi ne fixe aucune durée : elle vient de la convention collective, du contrat ou des usages. L'indemnité est imposable et soumise à cotisations dans les mêmes conditions que le salaire.
L'indemnité légale de licenciement, pas à pas
Elle est due au salarié en CDI licencié qui compte au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompus à l'envoi de la lettre, sauf faute grave ou lourde. Le Code du travail fixe un minimum :
- 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans ;
- 1/3 de mois de salaire par année à partir de 10 ans ;
- une année incomplète compte au prorata des mois complets.
L'ancienneté se compte jusqu'à la fin du préavis, même quand l'employeur vous en dispense (pas quand vous avez demandé la dispense). Le salaire de référence est la plus favorable de deux moyennes : celle des 12 derniers mois, ou celle des 3 derniers mois, où une prime annuelle ne compte que pour 1/12 par mois. Sous 12 mois d'ancienneté, la première moyenne porte sur tous les mois travaillés. Après un arrêt maladie ou un temps partiel thérapeutique, on prend les mois qui les précèdent.
Licenciement à 2 800 € brut, 7 ans et 5 mois d'ancienneté à la lettre, 2 mois de préavis non effectué : ancienneté retenue de 7 ans et 7 mois. 2 800 × 1/4 × 7 = 4 900,00 €, plus 2 800 × 1/4 × 7/12 = 408,33 €, soit 5 308,33 €. Avec les 2 800 € du dernier mois, 1 344,00 € de congés et 5 600,00 € de préavis, le solde atteint 15 052,33 € brut et 12 972,93 € net avant impôt.
Au-delà de 10 ans, les deux fractions s'additionnent. L'exemple de service-public : pour 1 500 € de salaire de référence et 12 ans et 9 mois d'ancienneté, (1 500 × 1/4 × 10) + (1 500 × 1/3 × 2) + (1 500 × 1/3 × 9/12) = 5 125 €. Si votre convention collective, votre contrat ou un usage prévoient un calcul plus avantageux, c'est l'indemnité la plus élevée qui est due : les deux ne se cumulent pas. Retrouvez votre convention (Convention Facile, même éditeur que ce site) pour vérifier.
Rupture conventionnelle : au moins l'indemnité légale
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, ou conventionnelle si elle est plus élevée. Elle est due quelle que soit l'ancienneté. Il n'y a pas de préavis, mais les congés non pris sont payés. Chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter après la signature, puis l'administration a 15 jours ouvrables pour homologuer.
À 2 800 € brut et 7 ans et 5 mois d'ancienneté à la date de fin du contrat, le minimum est de 5 191,67 €. Côté employeur, la part exonérée de cotisations supporte une contribution patronale de 40 %, soit 2 076,67 € ici : selon l'URSSAF, ce taux est passé de 30 % à 40 % pour les ruptures dont le terme est postérieur au 1er janvier 2026. Si vous pouvez déjà toucher une retraite de base à la date de rupture, l'indemnité est imposable dès le premier euro ; son régime social, lui, est le même.
Le minimum se négocie à la hausse. Pour chiffrer un montant négocié et son exonération, utilisez Calcul Rupture Conventionnelle, édité par la même équipe que ce site.
Fin de CDD : la prime de précarité et ses exceptions
À l'échéance d'un CDD, l'indemnité de fin de contrat, dite prime de précarité, vaut 10 % de la rémunération totale brute versée pendant le contrat. Une convention collective peut la limiter à 6 %, en contrepartie notamment d'un accès privilégié à la formation. Elle est versée avec le dernier salaire et figure sur le bulletin. Elle n'est pas due :
- si le CDD se poursuit par un CDI, ou si vous refusez un CDI pour le même emploi ou un emploi similaire, à rémunération au moins équivalente ;
- en cas de rupture anticipée à votre initiative, de faute grave ou de force majeure, et quand le contrat est rompu pendant la période d'essai ;
- pour un CDD d'usage, un contrat saisonnier, un contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires, un contrat aidé (CUI-PEC, professionnalisation, apprentissage) ou un contrat assorti d'un complément de formation professionnelle, sauf convention plus favorable.
CDD de 6 mois à 2 000 € brut, 15 jours ouvrables de congés restants : prime de 12 000 × 10 % = 1 200,00 €, congés payés de (12 000 + 1 200) ÷ 10 = 1 320,00 € (les 15 jours acquis, aucun pris). Avec le dernier mois, 4 520,00 € brut, dont 533,81 € de cotisations et 430,77 € de CSG/CRDS : 3 555,42 € net avant impôt. La prime et les congés sont imposables.
Rupture de la période d'essai
Pas d'indemnité de rupture, pas de préavis : le solde se limite au salaire des jours travaillés et aux congés non pris. La partie qui rompt doit en revanche prévenir l'autre dans un délai de prévenance, applicable dès qu'il y a au moins une semaine d'essai.
| Présence dans l'entreprise | Si l'employeur rompt | Si vous rompez |
|---|---|---|
| Moins de 8 jours | 24 heures | 24 heures |
| De 8 jours à 1 mois | 48 heures | 48 heures |
| De 1 à 3 mois | 2 semaines | 48 heures |
| Après 3 mois | 1 mois | 48 heures |
Si l'employeur ne respecte pas son délai, il vous doit, sauf faute grave, les salaires et avantages que vous auriez perçus jusqu'à son terme, indemnité de congés payés comprise. Le délai ne prolonge jamais la période d'essai.
Essai rompu par l'employeur après 2 mois à 2 400 € brut, départ après 11 jours travaillés sur 22, 5 jours de congés acquis : 1 200,00 € de salaire et 480,00 € de congés (dixième ; le maintien donnerait 461,54 €), soit 1 680,00 € brut et 1 321,48 € net avant impôt. Si l'employeur l'a annoncé le jour même au lieu de 2 semaines avant, il faut ajouter 2 400 ÷ 21,67 × 10 jours ouvrés = 1 107,69 € brut.
Cotisations, CSG, impôt : le régime de chaque ligne
Deux familles de sommes. Le salaire, les congés payés, le préavis, la prime de précarité et l'indemnité de délai de prévenance sont traités comme du salaire : cotisations, CSG/CRDS et impôt sur le revenu. Les indemnités de licenciement et de rupture conventionnelle sont exonérées dans certaines limites.
| Somme | Cotisations | CSG/CRDS | Impôt |
|---|---|---|---|
| Indemnité de licenciement | Exonérée jusqu'à 96 120 € (2 PASS) | Exonérée jusqu'au montant légal ou conventionnel, sans dépasser la part exonérée de cotisations | Exonérée en totalité |
| Indemnité de rupture conventionnelle | Exonérée jusqu'à 96 120 € | Même règle | Exonérée jusqu'à 288 360 € ; imposable dès le premier euro si vous pouvez toucher une retraite |
| Toute indemnité au-delà de 480 600 € (10 PASS) | Soumise en totalité | Soumise en totalité | Selon les règles ci-dessous |
Au-dessus du minimum légal ou conventionnel, l'exonération d'impôt se limite au plus élevé de deux montants : deux fois la rémunération brute de l'année civile précédente, ou la moitié de l'indemnité, dans la limite de 288 360 € pour les indemnités versées en 2026. La fraction soumise à CSG/CRDS l'est sans l'abattement de 1,75 % pour frais professionnels. Ce simulateur ne chiffre pas ces montants négociés. Pour les sommes imposables, vous pouvez demander le système du quotient si ce revenu exceptionnel dépasse la moyenne de vos revenus imposables des 3 dernières années.
Employeur de TPE : salaire, congés, préavis et prime de précarité supportent aussi les cotisations patronales, que ce simulateur n'affiche pas. La page coût employeur les détaille, et le barème de l'impôt 2026 explique le taux de prélèvement à la source.
Sources officielles
Règles relevées le 13 septembre 2026 sur les pages suivantes. La date entre parenthèses est celle de la dernière vérification ou mise à jour affichée par la page.
- service-public.gouv.fr : Solde de tout compte (30 janvier 2026), Indemnité de licenciement du salarié en CDI (5 juin 2026), Calcul de l'ancienneté (24 juillet 2026), Indemnité compensatrice de congés payés (23 janvier 2026), Calcul de l'indemnité de congés payés (6 février 2026), Congés payés du salarié (30 avril 2026).
- service-public.gouv.fr : Indemnité compensatrice de préavis (9 septembre 2025), Préavis de licenciement (7 août 2026), Démission (8 juillet 2026), Rupture conventionnelle (26 juin 2026), Indemnité de rupture conventionnelle (26 juin 2026), Fin d'un CDD (22 janvier 2024), Prime de précarité (21 septembre 2023), Période d'essai (12 août 2026), Imposition des indemnités de fin de contrat (15 avril 2026).
- code.travail.gouv.fr (Code du travail numérique) : articles L1234-20, L1234-1, L1234-5, L1234-9, R1234-1, R1234-2, R1234-4, L1237-13, L1242-16, L1243-8, L1243-10, L1221-25, L3141-3, L3141-24, L3141-28.
- urssaf.fr : Les indemnités de rupture conventionnelle (13 juillet 2026), qui renvoie au Bulletin officiel de la Sécurité sociale.
- impots.gouv.fr : Indemnités suite à rupture du contrat de travail.
Dernière mise à jour : 13 septembre 2026. Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 €. Les cotisations et le taux estimé d'impôt sortent du même moteur que le simulateur de salaire. Estimation indicative : elle ne remplace ni votre convention collective, ni un conseil juridique.