La formule de 2026, terme par terme
Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique (RGDU) remplace l'ancienne réduction générale et les taux réduits de cotisations maladie et d'allocations familiales. Son montant se calcule en deux temps : un coefficient, puis ce coefficient multiplié par le brut du mois.
Coefficient = Tmin + Tdelta × [½ × (3 × SMIC annuel ÷ rémunération annuelle brute − 1)]1,75
- Tmin = 0,0200 : le coefficient ne descend jamais sous 2 % tant que le salaire reste sous 3 SMIC.
- Tdelta = 0,3821 pour une entreprise de 50 salariés et plus, 0,3781 en dessous. L'écart vient du FNAL, à 0,50 % ou 0,10 %.
- Exposant 1,75 : la réduction fond vite au début, puis plus lentement.
- Le résultat est arrondi à 4 décimales et plafonné à Tmin + Tdelta : 0,4021 ou 0,3981.
L'exemple de l'URSSAF, refait à la main
L'URSSAF publie un cas type : une entreprise de 70 salariés, un salarié à 35 heures payé 2 000 € brut en juin 2026, sans heure supplémentaire. Elle annonce un coefficient de 0,3178 et une réduction de 635,60 €. Voici le déroulé, celui que suit le simulateur :
- SMIC annuel de référence : 12,02 € × 1 820 h = 21 876,40 €.
- Rémunération annuelle brute : 2 000 € × 12 = 24 000 €.
- Seuil de 3 SMIC : 3 × 21 876,40 € = 65 629,20 €. Le salaire est en dessous, la réduction est due.
- Rapport : 65 629,20 ÷ 24 000 = 2,734550.
- Moitié de l'écart à 1 : ½ × (2,734550 − 1) = 0,867275.
- Puissance 1,75 : 0,8672751,75 = 0,779425.
- Coefficient : 0,0200 + 0,3821 × 0,779425 = 0,317818, arrondi à 0,3178.
- Réduction du mois : 2 000 € × 0,3178 = 635,60 €.
On retrouve exactement les chiffres de l'URSSAF. Dans une entreprise de moins de 50 salariés, le même salaire donne 0,0200 + 0,3781 × 0,779425 = 0,314701, soit un coefficient de 0,3147 et une réduction de 629,40 €. La petite entreprise touche 6,20 € de réduction en moins, mais elle paie 8 € de FNAL en moins (0,40 point sur 2 000 €) : elle reste gagnante de 1,80 € par mois.
Le coefficient et la réduction, salaire par salaire
Temps plein, sans heure supplémentaire, SMIC de référence de 21 876,40 € par an. Chaque ligne sort du même calcul que le simulateur :
| Brut mensuel | Coefficient < 50 | Réduction < 50 | Coefficient 50 + | Réduction 50 + |
|---|---|---|---|---|
| 1 823,03 € (SMIC de janvier) | 0,3981 | 725,75 € | 0,4021 | 733,04 € |
| 1 867,02 € (SMIC de juin) | 0,3750 | 700,13 € | 0,3788 | 707,23 € |
| 2 000 € | 0,3147 | 629,40 € | 0,3178 | 635,60 € |
| 2 200 € | 0,2448 | 538,56 € | 0,2472 | 543,84 € |
| 2 500 € | 0,1719 | 429,75 € | 0,1735 | 433,75 € |
| 2 800 € | 0,1234 | 345,52 € | 0,1245 | 348,60 € |
| 3 000 € | 0,0999 | 299,70 € | 0,1008 | 302,40 € |
| 3 500 € | 0,0611 | 213,85 € | 0,0615 | 215,25 € |
| 4 000 € | 0,0395 | 158,00 € | 0,0397 | 158,80 € |
| 4 500 € | 0,0277 | 124,65 € | 0,0277 | 124,65 € |
| 5 000 € | 0,0218 | 109,00 € | 0,0218 | 109,00 € |
| 5 469,09 € | 0,0200 | 109,38 € | 0,0200 | 109,38 € |
| 5 469,10 € (3 SMIC) | 0 | 0 € | 0 | 0 € |
Deux lectures pour un dirigeant. D'abord, le coefficient fond vite : il perd plus de la moitié de sa valeur entre le SMIC et 2 500 € brut. Une augmentation de 500 € accordée à un salarié payé 2 000 € fait baisser la réduction de 201,85 € par mois dans une entreprise de 50 salariés et plus : ce surcoût s'ajoute aux cotisations dues sur les 500 € eux-mêmes. Ensuite, la sortie est brutale : juste sous 3 SMIC, la réduction vaut encore 109,38 € par mois, un centime plus haut elle disparaît.
Le SMIC de référence : celui de janvier, même après juin
Le SMIC a été revalorisé le 1er juin 2026, à 12,31 € de l'heure. Pour la réduction générale, cette hausse ne change rien : le calcul de toute l'année 2026 retient la valeur du 1er janvier, 12,02 € de l'heure, soit 21 876,40 € pour un an à temps plein. L'URSSAF admet une écriture équivalente avec le SMIC de juin, en remplaçant le 3 de la formule par 2,9293 : les deux donnent 0,3178 dans son exemple.
Conséquence pratique : la réduction s'arrête à 3 × 21 876,40 € = 65 629,20 € par an, soit 5 469,10 € brut par mois à temps plein. Un logiciel de paie qui aurait basculé sur le SMIC de juin sans ajuster le coefficient prolongerait la réduction au-delà de ce seuil et surestimerait chaque mois le montant déduit.
Temps partiel et heures supplémentaires : le SMIC s'ajuste
Temps partiel. Le SMIC de référence est réduit au prorata de la durée du contrat. Pour un salarié à 24 heures par semaine : 21 876,40 € × 24 ÷ 35 = 15 000,96 €. Payé 1 400 € brut par mois dans une entreprise de moins de 50 salariés, il ouvre droit à un coefficient de 0,2983, soit 417,62 € de réduction. L'erreur à éviter : garder le SMIC d'un temps plein. On obtiendrait alors le coefficient maximal, 0,3981, et 557,34 € déduits, soit 139,72 € de trop chaque mois. Pour ce salarié, la réduction s'arrête à 3 750,24 € brut par mois.
Heures supplémentaires. À l'inverse, les heures supplémentaires ou complémentaires s'ajoutent au SMIC de référence, comptées au SMIC horaire, sans leur majoration. Un salarié à 2 000 € qui fait 10 heures supplémentaires par mois majorées à 25 % touche 164,83 € de plus, soit 2 164,83 € brut. Son SMIC de référence passe à 21 876,40 + 12,02 × 10 × 12 = 23 318,80 €. Dans une entreprise de 50 salariés et plus, le coefficient ressort à 0,3054 et la réduction à 661,14 €, contre 0,2581 et 558,74 € si l'on oubliait d'ajuster le SMIC.
Sur quelles cotisations la réduction s'impute
La réduction ne s'applique pas à toute la ligne des charges patronales, mais à une liste précise publiée par l'URSSAF :
- assurance maladie, maternité, invalidité, décès : 13 % ;
- assurance vieillesse : 10,66 % (8,55 % plafonnée et 2,11 % déplafonnée) ;
- allocations familiales : 5,25 % ;
- accidents du travail, dans la limite de 0,49 % ;
- retraite complémentaire Agirc-Arrco : 6,01 % ;
- FNAL : 0,10 % ou 0,50 % ;
- contribution solidarité autonomie : 0,30 % ;
- assurance chômage : 4,00 %.
Additionnez ces taux : 40,21 % avec un FNAL à 0,50 %, 39,81 % avec un FNAL à 0,10 %. Ce sont exactement les coefficients maximaux, 0,4021 et 0,3981. Au SMIC de référence, la réduction efface donc la totalité de ces cotisations ; il ne reste que celles qui n'y figurent pas (AT/MP au-delà de 0,49 %, AGS, dialogue social, formation, taxe d'apprentissage…). En DSN, le montant se répartit entre l'URSSAF et la caisse de retraite complémentaire au prorata de ces taux : 0,3420 ÷ 0,4021 pour l'URSSAF et 0,0601 ÷ 0,4021 pour l'Agirc-Arrco, à partir de 50 salariés.
À retenir : en 2026, le coefficient se calcule avec le SMIC du 1er janvier (21 876,40 € par an à temps plein), Tdelta 0,3821 ou 0,3781 selon l'effectif, et un arrondi à 4 décimales. À 2 000 € brut, la réduction vaut 635,60 € par mois ; elle s'annule à 5 469,10 €. Proratisez le SMIC d'un temps partiel et ajoutez-y les heures supplémentaires, sinon le montant est faux.
Pour voir cette réduction dans le détail complet des cotisations, avec la taxe d'apprentissage, le versement mobilité et les lignes propres aux cadres, utilisez le simulateur de charges patronales. Pour le coût d'une embauche, frais annexes compris, passez par le calculateur du coût employeur. Les taux de chaque cotisation sont détaillés sur la page cotisations sociales 2026, et le salaire net correspondant sur le simulateur de salaire.
Sources, relevées le 13 septembre 2026
- URSSAF, la réduction générale des cotisations, mise à jour le 13 juillet 2026 : formule, Tdelta selon l'effectif, SMIC de janvier ou coefficient 2,9293, exemple à 2 000 €, cotisations imputées, limite AT/MP à 0,49 %, répartition en DSN.
- service-public.fr, fiche F24542, vérifiée le 15 juin 2026 : SMIC calculé pour un an de 21 876,40 €, coefficients maximaux 0,3981 et 0,4021, proratisation du temps partiel.
- URSSAF, taux de cotisations du secteur privé, mis à jour le 1er janvier 2026 : FNAL à 0,10 % et 0,50 %.