À 3 000 € brut, il faut facturer de 34 000 à 38 000 € par an
Un salarié non-cadre à 3 000 € brut par mois touche 2 237 € nets après impôt, soit 26 848 € sur l'année. Pour garder exactement ce revenu en micro-entreprise, sans frais et avec l'impôt au barème, il doit encaisser 34 115 € HT par an en prestations de services BIC, ou 37 858 € en libéral BNC. Sur 200 jours facturés, cela fait 171 € et 190 € par jour.
Premier constat, qui surprend : en BIC, ce chiffre est même un peu sous le brut annuel (36 000 €). Les cotisations d'un micro-entrepreneur (21,2 % du CA) pèsent à peu près autant que celles d'un salarié (21,3 % du brut), l'impôt ne porte que sur la moitié du chiffre d'affaires, et à ce niveau la décote l'efface entièrement. En BNC, le taux monte à 25,6 % et l'abattement descend à 34 % : il faut dépasser son brut.
Mais ne vous arrêtez pas là. Ce calcul suppose zéro frais, 200 jours facturés dès la première année, et il ne rachète aucune des protections de votre bulletin. Avec 3 000 € de frais par an et 180 jours facturés, le chiffre d'affaires monte à 38 323 € en BIC et 42 571 € en BNC, et le tarif journalier à 213 € et 237 €. Et votre employeur, lui, dépense aujourd'hui 47 558 € par an pour vous, réduction générale déduite : l'écart finance ce que la micro-entreprise ne vous donnera pas.
Le calcul, pas à pas (BIC, barème, 3 000 € brut)
- Net après impôt du salarié : 2 237,37 € par mois, soit 26 848,42 € sur l'année, après une décote de 159,89 € sur son impôt.
- En BIC, cotisations 21,2 % et formation professionnelle 0,1 % : 21,3 % du CA partent à l'Urssaf.
- Impôt : 50 % du CA est imposable, à 11 % au-delà de 11 600 € pour une part. La décote (897 € − 45,25 % de l'impôt brut) efface tout impôt brut inférieur à 617,56 €, ce qui correspond ici à un CA sous 34 428 €.
- Tant que l'impôt est nul, le revenu disponible vaut 78,7 % du CA : 26 848,42 ÷ 0,787 = 34 114,89 €, arrondi à 34 115 €, bien sous 34 428 €.
- Vérification : 17 057,50 € imposables, soit un impôt brut de 600,33 € entièrement effacé par la décote. 34 115 − 7 232,38 de cotisations − 34,12 de CFP = 26 848,50 €.
Le chiffre d'affaires à facturer selon votre brut
| Brut mensuel | Net après impôt | BIC barème | BIC libératoire | BNC barème | BNC libératoire |
|---|---|---|---|---|---|
| 2 000 € | 1 568 € | 23 909 € | 24 437 € | 25 359 € | 26 133 € |
| 2 500 € | 1 903 € | 29 012 € | 29 653 € | 31 548 € | 31 712 € |
| 3 000 € | 2 237 € | 34 115 € | 34 869 € | 37 858 € | 37 290 € |
| 4 000 € | 2 841 € | 44 320 € | 44 272 €* | 49 988 € | 47 347 €* |
| 5 000 € | 3 411 € | 53 994 € | 53 156 €* | 62 563 € | 56 847 €* |
| 6 000 € | 3 985 € | 64 245 € | 62 104 €* | 75 229 € | 66 417 €* |
* Versement libératoire probablement fermé : revenu fiscal de référence de salarié estimé au-dessus de 29 579 €.
Deux seuils se lisent dans ce tableau. Dès 3 000 € brut en BNC, et vers 3 300 € en BIC, le chiffre d'affaires dépasse 37 500 € : vous sortez de la franchise de TVA. Et au-delà d'environ 6 660 € brut en BNC au barème, il dépasse le plafond de la micro-entreprise, 83 600 €.
Pourquoi 200 jours facturés, et pas 218
218 jours, c'est le maximum de jours travaillés d'un salarié au forfait jours sur une année complète (article L3121-64 du Code du travail). Un freelance ne facture pas tous ses jours travaillés. Trouver des clients, rédiger des devis, relancer les factures, tenir sa comptabilité, se former : tout cela se fait sur des jours que personne ne paie. S'y ajoutent les creux entre deux missions et les jours de maladie.
D'où notre hypothèse de 200 jours facturés. Ce n'est pas une moyenne mesurée, c'est un point de départ. Réglez le curseur sur votre situation, et soyez plus prudent la première année : les premiers clients mettent du temps à arriver, et le chiffre d'affaires annuel, lui, ne baisse pas.
Les congés ne disparaissent pas du calcul : ils sont dans les jours que vous ne facturez pas. Sur votre bulletin, les 5 semaines sont payées (2,5 jours ouvrables par mois travaillé) : 2 582 € nets par an à 3 000 € brut. En freelance, c'est votre tarif journalier qui doit les financer.
Ce que le chiffre d'affaires ne rachète pas
La retraite
Sur un bulletin à 3 000 € brut, 10 073 € par an partent en cotisations retraite : assurance vieillesse, AGIRC-ARRCO et CEG, parts salariale et patronale comprises, avant réduction générale des cotisations patronales. En micro-entreprise BIC, les 34 115 € de chiffre d'affaires qui remplacent ce net génèrent 7 232 € de cotisations au total, maladie, famille et CSG comprises. La part retraite réellement versée après réduction générale n'est pas ventilée par notre moteur : on compare donc ces deux totaux, pas davantage.
Le calcul des droits change aussi de nature. L'Assurance retraite ne raisonne pas sur votre chiffre d'affaires : elle part des revenus cotisés et valide un trimestre par tranche de 150 fois le SMIC horaire au 1er janvier (service-public.gouv.fr), soit 1 803 € en 2026. Nous ne savons pas convertir proprement cet écart en euros de pension, alors nous n'affichons pas de chiffre. Retenez qu'un CA égal à votre brut ne vous ouvre pas les mêmes droits.
Le chômage
Votre employeur verse 4 % de votre brut à l'assurance chômage : 1 440 € par an à 3 000 € brut, avant réduction générale. En micro-entreprise, il n'existe pas d'équivalent. L'allocation des travailleurs indépendants (ATI) est réservée aux pertes d'activité involontaires et définitives, et verse au plus environ 800 € par mois pendant 182 jours, non renouvelables.
La façon dont vous quittez votre poste compte davantage. Après une rupture conventionnelle ou un licenciement, vos droits au chômage vous suivent : France Travail les recalcule chaque mois selon vos revenus de micro-entrepreneur, ou vous en verse une partie en capital avec l'ARCE, 60 % des droits restants, sous conditions. Une démission n'ouvre ces droits que dans le cadre de la démission pour reconversion : cinq ans d'activité salariée sans interruption et un projet validé avant de démissionner, via un conseil en évolution professionnelle (France Travail).
La mutuelle
L'employeur doit financer au moins la moitié de la complémentaire santé de ses salariés. Notre modèle retient une part salariale moyenne de 0,50 % du brut, soit 15 € par mois à 3 000 € : la part patronale est au moins égale, 180 € par an au minimum. En freelance, le contrat entier est pour vous. Ajoutez son coût réel dans les frais du simulateur.
Barème ou versement libératoire ?
Avec le versement libératoire, l'impôt se paie en même temps que les cotisations : 1,7 % du CA en BIC, 2,2 % en BNC, et c'est réglé. Sans l'option, votre chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (50 % en BIC, 34 % en BNC, 305 € au minimum) s'ajoute à vos revenus et passe au barème.
À 3 000 € brut, tout dépend de l'activité. En BIC, l'option coûte 754 € de CA en plus : au barème, la décote efface déjà l'impôt. En BNC, elle en fait gagner 568 €. À 2 000 € brut, elle coûte plus cher dans les deux cas.
Le piège : l'option n'est ouverte que si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas 29 579 € par part (revenus 2024 pour 2026). Les deux premières années, c'est donc votre revenu de salarié qui décide. Pour une personne seule, cela ferme l'option au-delà d'environ 3 360 € brut par mois : justement là où elle devient intéressante.
Les autres pièges du passage en micro-entreprise
- La TVA. Au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires en services, vous sortez de la franchise en base (seuil majoré : 41 250 €). Pour un client entreprise, c'est neutre. Pour un particulier, votre prix augmente d'autant.
- Le plafond. 83 600 € HT pour les services et les activités libérales (service-public.gouv.fr). Le dépasser deux années de suite fait sortir du régime.
- Les frais. Ils ne se déduisent pas. 3 000 € de frais font monter le chiffre d'affaires nécessaire de 4 208 € en BIC et de 4 713 € en BNC.
- L'ACRE. Elle réduit les cotisations la première année, sous conditions. Pour les micro-entreprises créées à partir du 1er juillet 2026, l'exonération passe de 50 à 25 %, et la demande doit être faite dans les 60 jours (service-public.gouv.fr). Le simulateur ne l'intègre pas : c'est une aide temporaire, votre tarif doit tenir sans elle.
Méthode et hypothèses
- Côté salarié : le moteur du simulateur de salaire (cotisations, réduction générale et barème de l'impôt 2026), CDI à temps plein, sans primes. Repère : 3 000 € brut non-cadre donnent 2 359,79 € nets avant impôt et 2 237,37 € après, décote comprise.
- Même revenu disponible : CA − cotisations − CFP − impôt (barème ou versement libératoire) − frais = votre net après impôt de salarié sur 12 mois. Le CA, le CA mensuel et le tarif journalier sont arrondis à l'euro supérieur.
- Impôt : même barème et même décote des deux côtés (897 € pour une part, 1 483 € à partir de 2 parts, comme le moteur du site), sans réduction d'impôt, sur vos seuls revenus. En BIC, on retient la CFP d'une prestation commerciale (0,1 %) ; un artisan paie 0,3 %.
- Hors champ : professions libérales réglementées relevant de la Cipav (23,2 %), vente de marchandises, ACRE, TVA, cotisation foncière des entreprises.
Pour aller plus loin dans l'autre sens, partir d'un chiffre d'affaires et voir ce qu'il reste, trimestres de retraite compris, utilisez le simulateur auto-entrepreneur. Il est édité par la même équipe que ce site : on préfère vous le dire.
Sources
- Taux de cotisations du micro-entrepreneur : service-public.gouv.fr, F36232, vérifiée le 1er janvier 2026.
- Contribution à la formation professionnelle : F23459, vérifiée le 1er janvier 2026.
- Versement libératoire, abattements, plafond de revenu fiscal de référence : F23267, mise à jour le 13 mai 2026.
- Franchise en base de TVA : F21746, vérifiée le 1er janvier 2026.
- Plafonds de chiffre d'affaires : F32353, mise à jour le 21 février 2026.
- Retraite du micro-entrepreneur : F23369, vérifiée le 1er avril 2026.
- ACRE 2026 : actualité du 11 février 2026.
- Congés payés : F2258, vérifiée le 30 avril 2026. Mutuelle d'entreprise : F20739.
- Forfait jours : article L3121-64 du Code du travail.
- ATI, ARE, ARCE et démission pour créer son entreprise : France Travail.
Toutes ces pages ont été consultées le 13 septembre 2026.
Questions fréquentes
Quel chiffre d'affaires pour remplacer un salaire de 3 000 € brut ?
En micro-entreprise, sans frais et avec l'impôt au barème : 34 115 € HT par an en prestations de services BIC, 37 858 € en profession libérale non réglementée (BNC). C'est ce qui redonne les 2 237 € nets après impôt par mois d'un salarié non-cadre à une part. Sur 200 jours facturés, cela fait 171 € par jour en BIC et 190 € en BNC.
Quel TJM viser quand on quitte un CDI ?
Divisez le chiffre d'affaires nécessaire par les jours que vous facturerez vraiment, pas par 218. À 3 000 € brut, 200 jours facturés donnent 171 € par jour en BIC et 190 € en BNC. Avec 3 000 € de frais par an et 180 jours facturés, il faut 213 € et 237 € par jour.
Le versement libératoire est-il intéressant pour un ancien salarié ?
Pas forcément. À 3 000 € brut, il coûte 754 € de chiffre d'affaires en plus en BIC, où la décote efface déjà l'impôt au barème, et en fait gagner 568 € en BNC. À 2 000 € brut, il est plus cher dans les deux cas. Et il n'est ouvert que si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas 29 579 € par part : au-delà d'environ 3 360 € brut mensuels pour une personne seule, il est probablement fermé les deux premières années.
Quels sont les taux de cotisations d'un micro-entrepreneur en 2026 ?
21,2 % du chiffre d'affaires pour les prestations de services BIC et 25,6 % pour les professions libérales non réglementées, plus la contribution à la formation professionnelle : 0,1 % pour une activité commerciale, 0,3 % artisanale, 0,2 % libérale. Le versement libératoire de l'impôt ajoute 1,7 % en BIC et 2,2 % en BNC. Sources : service-public.gouv.fr, fiches F36232, F23459 et F23267.
Un freelance a-t-il droit au chômage ?
Pas comme un salarié. L'allocation des travailleurs indépendants (ATI) est réservée aux cessations d'activité involontaires et définitives, et verse au plus environ 800 € par mois pendant 182 jours. En revanche, quitter son CDI par rupture conventionnelle ou licenciement permet de créer sa micro-entreprise en gardant ses droits au chômage, recalculés chaque mois selon ses revenus ou versés en partie en capital (ARCE). Une démission n'ouvre ces droits que dans le cadre de la démission pour reconversion.
Perd-on des droits à la retraite en passant freelance ?
On continue de cotiser, mais sur une autre base. À 3 000 € brut, un bulletin verse 10 073 € par an de cotisations retraite, parts salariale et patronale comprises, avant réduction générale. En micro-entreprise BIC, les 34 115 € de chiffre d'affaires qui remplacent ce net génèrent 7 232 € de cotisations au total, maladie, famille et CSG comprises.
Dernière mise à jour : 13 septembre 2026. Taux micro-entreprise 2026, barème de l'impôt 2026, SMIC 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026.